Billet, Chambre des Parents

TDAH: Au nom de tous les enfants

Aujourd’hui, je n’ai pas envie de me taire.

Aujourd’hui, je me permet un coup de gueule, une montée de lait.

Ma première depuis les quatre mois de vie de mon blogue.

Ne vous inquiétez pas, cela ne deviendra pas une habitude, j’aime bien mes petits sujets légers!

Depuis ce matin, plusieurs sujets sont venus agacer ma conscience, mais il en est un que je n’ai plus envie d’ignorer.

Cet article, un parmi d’autres, du journal Le Devoir a fait déborder mon vase déjà pas mal plein sur ce sujet.

Le résumé: Près de 5% de nos jeunes sont médicamentés pour le TDAH.  Et sur ce nombre, il se pourrait que 25% soient diagnostiqués à tort.

Un autre article, cette fois dans La Presse, est encore plus troublant. Il parle d’un essai de Jean-Claude St-Onge: TDAH ? Pour en finir  avec le dopage des enfants. 

Et si vous fouillez sur le net,vous en trouverez plusieurs autres. Et si comme moi le sujet vous trouble, vous les avez tous lus lorsqu’ils passaient devant vos yeux. Et petit à petit, vous avez fait certaines connexions. Des liens qui font frémir, des choix de société qui ouvrent la porte à encore plus de problèmes à long terme.

Et là, j’en ai assez! Aujourd’hui, j’ai envie de dire.

Mais…

Je ne résumerai pas les articles, ils sont très courts à lire.

Je ne me prendrai pas pour une spécialiste, je n’en suis pas une.

Je ne mettrai pas de photos. Celles que j’imagine ne sont pas jolies.

Je ne pointerai personne du doigt. Parce que depuis longtemps, je lis et je me pose la question dans l’autre sens. Je ne me demande pas c’est la faute à qui, mais plutôt c’est la faute à quoi? 

Parce qu’en fait, c’est la faute à tout le monde sans qu’il n’y ait de coupables, je crois. Notre faute, c’est de nous fermer les yeux et surtout le cœur car comme pour bien des maux de la société actuelle; ou bien nous nous sentons impuissants, ou bien nous sentons que l’énergie qu’il nous faudrait investir est monumentale et irréaliste.

Alors si on est pas coupables, sentons nous au moins concernés.

Sur le sujet du TDAH et autres troubles du comportement, trois aspects me questionnent. J’ai comme l’impression que notre mode de vie met en péril certains besoins fondamentaux des enfants, mais aussi de tous les êtres humains.

DORMIR – MANGER – BOUGER

Dormir

Est-ce que nos enfants dorment suffisamment?

NON.

Je me suis posé la question parce que en étant maman à la maison, j’ai pu observer le besoin de sommeil de mes deux enfants selon le rythme qui leur est propre. Non celui imposé par le mode de vie frénétique de notre époque. Mon fils a fait deux siestes (am et pm) jusqu’à deux ans et demi. S’il avait été en garderie, il aurait dû arrêter de faire sa sieste du matin à partir de 18 mois. Il a maintenant quatre ans et demi et pour sa sieste d’après-midi, il n’est pas rare qu’il dorme de 13 h à 16 h 30 et parfois même je dois le réveiller à 17 h. Il se couche vers 20 h le soir.

Un jour, je me suis demandé quel effet aurait eu sur lui ce manque de sommeil s’il avait été à la garderie. Deux jours plus tard, je tombais par hasard sur une étude dans le Reader’s Digest de ma mère sur les effets du manque de sommeil sur les adultes.

L’étude démontrait qu’avec seulement une heure de moins par jour que notre besoin de sommeil réel, les problèmes de santé pouvaient survenir en seulement deux semaines. Alors imaginons la conséquence à long terme sur les enfants qui vont à la garderie depuis qu’ils ont un an. Certains enfants pourraient être en déficit de sommeil depuis quatre ans lorsqu’ils commencent l’école.

Voici deux liens intéressants et crédibles sur le sujet trouvés sur le web qui parlent des conséquences en lien avec entre autre l’hyperactivité, les problèmes de concentration et autres. Ces articles parlent aussi de l’alimentation et du fait de bouger ou non.

Sommeil et enfant: répercussions du manque de sommeil sur la vie quotidienne

Les conséquences grandissantes du manque de sommeil

Maintenant, imaginons au moins une solution possible qui ne demande pas de changer de vie pour rester à la maison avec les enfants ou de révolutionner toute la société parce que franchement ça c’est trop gros pour nous, n’est-ce pas!

Proposition: Comme tous les enfants ou presque vont à la garderie, pourquoi, au moment de la sieste, les groupes d’enfants ne seraient pas séparés par nombre d’heures de sommeil dont ils ont besoin pour la sieste? Ainsi, ils pourraient dormir plus longtemps s’ils en ont besoin. Il me semble que ce ne serait pas si compliqué. À vous de me dire.

Et si moi j’ai eu une idée, sûrement que vous aussi? Il serait bon de les partager. Mettre ensemble nos réflexions pour trouver des solutions applicables et réalistes.

Manger

Voici une vidéo qui m’a grandement marquée dans mon parcours de connexions sur le sujet:

Les effets des additifs alimentaires sur le comportement des enfants.

Cette vidéo a été tourné en Australie suite à une étude anglaise qui établissait le lien entre le TDAH et l’alimentation. Elle est assez troublante.

Dans l’école publique de Nana Glen, un petit village Australien, une expérience est menée : Durant deux semaines, les enfants de cette école vont manger des aliments ne contenant pas d’additifs alimentaires. 

Qu’en sera le résultat ?

Suite au visionnement, je pleurais. Je pleurais parce que je savais bien que tout le monde sait cela intuitivement mais que la plupart des parents se sentiraient une fois de plus impuissants face aux solutions possibles. Je pleurais parce que je voyais tous ces enfants sacrifiés au nom d’une industrie alimentaire qui ne cherche pas à nous garder en santé, mais à faire le plus de profit possible sur notre vie et celles de nos enfants.

Je sais que bien manger demande une énergie folle, je cuisine presque tout maison. J’évite les produits transformés et les aliments chimiques ou OGM. Alors, je sais bien que dans la réalité de ceux qui travaillent à temps plein, le défi est de taille. Mais avons nous le choix? Selon vous, combien vaut votre santé? Est-ce qu’on peut l’acheter une fois perdue? Et la santé mentale de nos enfants? Je pleurais aussi pour ça, pour l’impuissance réelle des parents à ne pas faire consommer des aliments bourrés d’additifs, de colorants alimentaires et autres. En en parlant avec plusieurs, je voyais bien qu’ils auraient aimé faire mieux, mais que la réalité les rattrape toujours. Et la réalité en notre époque de l’an 2016, c’est LE TEMPS.

Deux propositions, réalistes mais qui demandent plus d’efforts et de changements.

Parents : À défaut de ne pouvoir tout cuisiner maison. Décider d’adopter les produits biologiques et les moins transformés possibles est un point de départ. Vous me direz qu’il coûte déjà cher de se nourrir. Je vous répondrai qu’encore une fois, il s’agir de choix. Est-ce nécessaire de rouler en voiture de l’année et de magasiner en neuf à chaque rentrée? Avons-nous certaines habitudes de consommation que l’on pourrait modifier? Il est certain que dans un processus de conscientisation, il y a un moment où il faut aussi se responsabiliser.

Écoles : Pourquoi le rôle de l’éducation scolaire ne serait-il pas aussi d’apprendre aux jeunes eux-mêmes à bien s’alimenter, à lire les étiquettes, à choisir les bons aliments, à cuisiner? Parler de l’agriculture biologique versus l’industrielle. Les enfants sont parfaitement capables de comprendre ces enjeux et de les appréhender, et de toute façon, ce sera un de leur défi de demain. Certains intervenants ou professeurs se plaignent souvent avec raison que parfois ils doivent aussi éduquer les parents. Mais justement, si ces parents ne sont pas outillés pour informer leurs enfants ou pour faire des choix éclairés, raison de plus de briser ce cercle en outillant les enfants.Pourquoi ne pas cuisiner ensemble des collations santé à l’école? Pourquoi tout miser sur l’académique et oublier la vie réelle, celle que devront affronter un jour tous ces petits écoliers?

Bouger

Les enfants bougent de moins en moins. Ils passent plus de temps derrière des écrans: télévision, jeux vidéos, ordinateurs, tablettes, etc. De nombreux spécialistes s’en inquiètent. J’ai suivi l’an passé, un MOOC avec l’université de Trois-Rivière (« Massive Open Online Course » ou cours en ligne ouvert et massif) sur le jeu. Ce que j’y ai appris m’a souvent jetée par terre. Mes informations ici en sont souvent tirés.

Selon la plupart des grands penseurs de la pédagogie, les enfants devraient jouer dehors au moins 4 heures par jour. Jean-Jacques Rousseau va plus loin lorsqu’il décrit les stades dans l’évolution d’un être humain (voir le deuxième point, si vous ne voulez pas tout lire):

Rousseau décrit cinq stades dans l’évolution d’un être humain [1].

  • Il y a tout d’abord l’âge des besoins infantiles, de la naissance à deux ans. Aucune contrainte ne doit être imposée au bébé, pas même celle des vêtements.
  • Puis vient l’âge du développement des désirs et des sens (jusqu’à douze ans). L’enfant doit être élevé librement et au grand air, afin de se développer physiquement. Aucune lecture n’est encore autorisée, pour ne pas le nourrir d’idées « prédigérées ».
  • Vient ensuite l’âge du sens commun et de la raison (de douze à quinze ans). C’est l’âge du développement intellectuel et des voyages, de la découverte et des « leçons de choses ». Mais, dès ses quinze ans, l’enfant doit se choisir un métier manuel, afin de commencer à gagner sa vie.
  • Suit alors l’âge des sentiments (de quinze à vingt ans), de l’éducation aux valeurs morales et de la piété religieuse.
  • Et enfin, l’âge du mariage, de la vie, de la paternité et des responsabilités.

[1] « Les cinq stades », L’Emile, ou de l’Education, J.J. Rousseau, 1762

Sans vouloir rechercher cette extrême. Que penser alors d’une éducation où les enfants ont de moins en moins de temps pour bouger, pour découvrir par leurs sens et leurs propres expériences?  Comment peuvent-ils exulter toute cette énergie pure qui traverse leur corps et qui est sans cesse bridée, réprimandée, contrôlée? Pourquoi être surpris que ces enfants développent des troubles de comportement, de concentration? C’est un grand cri de révolte, un appel à l’aide. Ou cela y ressemble à s’y méprendre.

Les enfants bougent moins parce que les adultes bougent de moins en moins et n’influencent pas toujours leurs enfants en ce sens. À l’école aussi d’ailleurs car de plus en plus d’écoles (d’adultes) écourtent les récréations extérieures en raison du mauvais temps: froid, pluie, etc. Ils limitent aussi les manières de jouer, de bouger souvent par excès de sécurité. Ce ne sont généralement pas les enfants qui souhaitent rester à l’intérieur, car leur besoin de bouger, de respirer le grand air est naturel, vital. Et si les enfants n’ont pas la chance de bouger durant l’école, il le feront quand? La fin de semaine? Oui, un peu, si les parents dans leur course folle ont du temps pour les « sortir dehors ».

Proposition: Attention, là je suis vraiment exigeante et je frappe fort, mais bon ne vous ai-je pas dit que j’en avais assez?

Exiger que le programme pédagogique tienne compte de ce besoin vital des enfants de bouger à l’extérieur etconsacrer au minimum deux heures par jour aux activités extérieures. OUF! Impossible direz-vous. Pourquoi donc? De nombreux apprentissages peuvent se faire dans la nature, en plein air ou en bougeant.  À quoi sert-il de bourrer le crâne de nos jeunes s’ils sont en manque de mouvements, de plein air et de découvertes spontanées et que ce manque les rend moins aptes à comprendre et à assimiler et qu’en plus ces manques développent des problèmes de santé mentale?

En conclusion, je voudrais dire que si je me permet de jouer à la spécialiste, c’est aussi entre autre parce qu’un jour, un médecin m’a dit: Tu sais Marie-Claude, l’hyperactivité c’est un problème contextuel et non médical.

Depuis, ce jour, je me suis dit que si même les spécialistes de la santé savent les causes, ils ne peuvent pas vraiment agir car justement le contextuel relève de la société, de ceux qui la construisent, qui y évoluent. Et que le rôle de sauveur qu’on leur attribue est de donner des médicaments. C’est ça qu’on attend d’eux, alors ils font leur rôle.

C’est à nous, les parents, les professeurs, les intervenants à en prendre conscience et à accepter notre part de responsabilité, celle qui nous poussera à la pro-action, à la prise en charge. Parce que chacun de nous, s’il voit un enfant se noyer se jettera à l’eau pour le sauver. Et bien, moi des fois en regardant ce qu’il se passe en ce moment, j’ai parfois l’impression que nous regardons nos enfants s’enliser dans NOS problèmes et qu’il serait temps que l’on se jette à l’eau pour les empêcher de sombrer.

Car je me dis tout le temps: La petite chose que l’on accepte aujourd’hui, ouvre la porte et prépare le terrain pour plus grave demain. En d’autres mots, si on accepte que nos enfants soient médicamentés aussi facilement (et peut-être pour des problèmes liés à nos mauvaises habitudes de vie, nos mauvais choix de société) qu’en sera-t-il demain, dans 20,30, ou 100 ans? L’acte sera banalisé?  Nous serons tous sous contrôle médical pour éteindre nos pulsions humaines?

J’aimerais vraiment connaitre vos réflexions sur le sujet, car rien n’est exhaustif ici, même que fidèle à ma résolution de blogueuse à temps partiel je n’ai pas fait un travail universitaire. J’ai écrit dans le moment, ce que j’avais à dire, sans me demander des heures et des heures d’écriture et de recherches.

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