Chambre des Enfants

Un moment pour l’éternité

 

Tous ceux qui ont des enfants savent à quel point le temps passe vite.

On en parlait justement aujourd’hui.

Ils sont bébés, on les cajole, on passe des nuits à les consoler, les bercer, les regarder.

On les encourage quand ils apprennent à marcher, à parler, à réfléchir.

Plus ils grandissent, plus on s’aperçoit que déjà s’estompe le souvenir de ces moments doux, rieurs, exigeants, fatigants, émouvants. On regarde des photos, des vidéos de l’année passée et on se rend compte que l’on a déjà presque oublier.

Je me rappelle à mon premier. Même pas une semaine et déjà ce sentiment fugace qu’il m’échappe, que chaque journée il est un autre, qu’il change à une vitesse folle et que je perds un peu de lui à mesure que se laisse découvrir une nouvelle facette, un nouveau regard, un nouveau sourire. Je me rappelle ce sentiment d’urgence de vouloir profiter, ressentir, emmagasiner ces sentiments si nouveaux, mais si rapidement intégrés et vécus à la puissance mille. Cet amour fulgurant, douloureux presque.

Je me rappelle, il avait à peine quelques jours et déjà je pleurais de savoir qu’il allait mourir un jour. Je refusais pour lui cette loi de la nature inévitable pour tous. Même pas à 100 ans! Je l’aimais tellement ce petit être vulnérable, tout minuscule et si confiant en notre amour.

Je me rappelle cette soif de lui, de notre intimité.

Toshan a quatre ans et Sarah-Jeanne deux.

J’ai encore soif de leur odeur, de leur douceur, de leur proximité.

Et quand j’ai peur du temps qui passe, quand j’ai peur en imaginant que bientôt déjà ils seront trop grands pour se coller sur leur maman, je m’arrête.

J’arrête le temps qui court.

Je danse avec eux, je les regarde être, je m’imprègne de chaque geste et je me dis très fort dans mon cœur, dans ma croyance: « Ce moment je me le garde pour l’éternité. »

Depuis leurs tous premiers jours, chaque fois qu’un moment doux m’interpelle, me réveille de ma routine, de mes automatismes, je me dis très fort que ce souvenir je me le garde pour mon éternité. Ce moment, je le conserve précieusement et je me dis que je pourrais le revivre pendant dix ans, vingt ans, cent ans de mon éternité sans m’en lasser.

Et, à force de le pratiquer, ce rituel est devenu réel. Je sais que chaque moment que j’arrive à saisir me servira à passer mon éternité. Ce temps infini qui pour moi sera meublé de toute cette douceur, de tout cet amour, et de tous les moments que j’aurai su SAISIR.

Saisir hors du temps humain.

Saisir loin du stress quotidien.

Saisir le moment et le mettre dans ma valise pour pouvoir l’apporter avec moi lorsque le temps de mon éternité sera venu.

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