Ailleurs, Nature

Réflexions sur la plage enneigée

Nous allons rarement à la plage en hiver. Mais quand le printemps arrive, même si on ne le sens pas encore par ici, l’envie nous reprend.

Ainsi, nous sommes allés à la plage la semaine dernière les enfants et moi.

En pleine semaine.

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Coin-du-Banc, la plus belle plage des alentours selon moi.

On a eu droit au grandiose paysage hivernal. Le souffle coupé et le profond respect pour la Terre qui est la nôtre, et aussi celle de la mer, des montagnes, des animaux, des gentils, des méchants… C’est dans ces moments privilégiés que je ressens toute la gratitude d’habiter en Gaspésie, malgré l’éloignement et l’isolement de la vie trépidante et excitante de la ville qui me manque parfois, et surtout durant les looooongs mois d’hiver gaspésiens.

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Un des avantages de vivre à la maison ; le plein air est accessible tous les jours.

Et chez-nous, on en profite à fond. C’est même un besoin vital. Respirer le grand air, bouger, méditer face aux beautés sauvages qui nous entourent. Beautés sauvages qui nous rapprochent de la nature, nous rendant sauvages  dans notre besoin de s’y ressourcer à chaque jour, le plus souvent possible. Nous faisant sentir à quel point nous faisons parti de la nature, que l’écologie ça concerne aussi les humains. Et que la plus grande erreur qui menace la survie de notre espèce c’est justement d’oublier cette vérité somme toute bien normale. NOUS SOMMES NATURELS ET VIVANTS et nous influons sur le cycle de la nature comme tous les êtres vivants et même non-vivants de la Terre!

Nos propres besoins essentiels sont intimement liés au cycle naturel de l’écologie. C’est une bonne nouvelle car ça rend tout de suite les choses plus faciles.

Tu sais pas quelque chose? Regarde la nature.

Quelque chose cloche? Regarde là où tu t’éloignes des principes naturels de l’écologie.

Tout est hormonal et physiologique. Tout est écologie. Normal, on est des êtres humains, pas des robots en métal. Revenir à la source le plus possible, ou du moins accepter d’amorcer une réflexion personnelle en ce sens, sans se juger. Juste méditer sur le sujet et voir ce qui se produira.

Et je crois que les enfants y sont beaucoup plus sensibles que nous. Ils refusent de se déconnecter de la nature comme nous sommes en train de le faire parfois. Normal. Ils utilisent leurs sens pour apprendre, le mouvement pour apprendre, l’espace et l’observation pour apprendre. Ils ont besoin de bouger, d’être libres, de goûter, de sentir, de toucher, de voir, d’entendre. Et la meilleure manière, c’est en étant en contact avec la nature.

Mais, il n’est pas besoin de culpabiliser si on habite en ville. Il faut juste en être conscient et rechercher le contact et les opportunités. Il existe même un livre qui a l’air très inspirant – pas lu, mais beaucoup entendu parlé- pour ceux qui pensent que la ville empêche les enfants de se connecter à la nature et qui ne savent pas toujours comment y arriver dans le quotidien urbain ou banlieusard.

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Voici comment le livre se présente:

Offrons à nos enfants une vie en plein air, même en appartement.

Les enfants d’aujourd’hui sont devenus une génération « d’intérieur », ils passent plusieurs heures par jour devant les écrans. Les responsables ? L’urbanisation, les nouvelles technologies, la peur du danger. Le résultat ? Une montée en flèche du surpoids et des troubles de l’attention.

Les études scientifiques montrent que la nature favorise le développement intellectuel et émotionnel de l’enfant, qu’elle améliore l’estime de soi, réduit le stress, augmente la créativité, stimule les sens… Et si nous apprenons à nos enfants à aimer la nature, ils seront plus à même de préserver notre planète.

Ce livre d’une grande poésie est une mine d’idées, de jeux et d’astuces. L’auteur propose 10 secrets pour découvrir et aimer la nature : même en ville, on peut partir à la recherche d’un brin de nature, cultiver un mini-potager ou organiser des clubs de nature avec des voisins. La nourriture est aussi un moyen très efficace : chaque gorgée d’eau, chaque bouchée qui pénètre dans notre corps est la nature. Sortir le soir pour regarder le ciel, c’est comprendre ce que vivent tous les animaux et prendre conscience que nous sommes faits de poussières d’étoiles.

 Extrait de la présentation du livre Comment élever un enfant sauvage en ville.

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Chacun, où que l’on vive, avons accès à des cadeaux de la vie différents mais pas nécessairement quantifiables qualitativement, chacun ayant son lot d’avantages et d’inconvénients. Et nous, notre part de chance, c’est d’avoir accès à la nature grandeur nature. La plage est un endroit de rêve pour les enfants en liberté! Ils peuvent y passer des heures sans se quereller, sans jouets, sans rechigner. Nous avons marché plus d’une heure sur la piste cyclable enneigée, plutôt que sur la plage. En hiver, la plage est constituée de gros blocs de neige qui pourraient se briser et tomber dans la mer, car il et difficile de distinguer la frontière entre la  plage et la mer ;  ce qui rend le tout quand même impressionnant et un peu effrayant.

Toshan rêvait déjà à l’été et voulait apporter son vélo pour pédaler dans la neige.

Comme il y avait beaucoup de neige, la barrière de rondin qui sépare la plage de la piste cyclable était toute basse. En été, c’est une véritable clôture genre barricade pour retenir la digue de sable.

Spontanément, les enfants se sont mis à y faire les équilibristes.

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Le gymnase !

J’observais avec grand bonheur leur plaisir, leur élan spontané vers le jeu pas si facile de marcher en équilibre sur des poutres inégales et à distance variable.

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Toshan a ensuite pris les devants pour nous distancer dans son besoin naturel d’indépendance d’enfant de cinq ans. Sarah-Jeanne voulant imiter ce besoin d’indépendance  me disait de ne pas la regarder, ni de la suivre. Mais elle avançait beaucoup moins vite évidemment. Alors, je me suis mise à la suivre de derrière et à l’observer du coin de l’œil.

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Travail d’équilibre et de maîtrise du corps, sans que cela ne paraisse!

Je la voyais tomber, se relever, grimper, descendre pour aller rejoindre les rondins trop loin, regrimper, retomber. Sans jamais se décourager. Que d’efforts et de persévérance.

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Et au fil de mes observations, je me suis retrouvée dans mes réflexions sur  l’éducation à la maison. J’ai vu la même scène sur une poutre dans un gymnase. Je me suis demandé si l’enfant trouverait la même persévérance, la même passion dans l’action amorcée spontanément et volontairement. Pour mon enfant, je peux répondre avec quasi certitude que non. Et qu’au contraire, le forcer le priverait du plaisir et l’empêcherait peut-être même de perfectionner son sens de l’équilibre et son contrôle corporel autant que son propre potentiel l’aurait permis.

Faut-il qu’il y ait toujours un cadre qui décide du lieu et du moment où l’enfant doit avoir le désir d’expérimenter et de pratiquer son équilibre ou tout autre apprentissage? Et s’il n’a pas envie au moment où nous le décidons pour lui dans le cadre stricte des écoles, est-il fautif? N’est-ce pas le rôle des éducateurs et des faiseurs de programmes d’accepter que les enfants apprennent mieux dans le plaisir et la spontanéité et que c’est au système à revoir sa façon de fonctionner? L’alternative ne pourrait-elle pas d’être de faire confiance à l’enfant sur ses besoins et son apprentissage? Ces réflexions sont amorcées en ce moment dans le monde entier par toutes sortes de spécialistes, scientifiques, parents, éducateurs, en lien avec le développement des enfants. Des réflexions qui me passionnent et qui interpellent de plus en plus de gens. J’en parlerai souvent de ci de là parce que le sujet fait partie  de mes réflexions, lectures, actions et  échanges et qu’il colore mon quotidien à chaque seconde.

Évidemment, pour le moment au Québec, quand on accorde une valeur éducative à ces nouvelles réflexions et découvertes sur la manière d’apprendre des enfants, et que l’on souhaite la faire vivre à ses enfants, il y a peu d’option à part l’éducation à la maison et c’est pourquoi je penche vers ce genre d’éducation. Mais dans le monde, il existe une multitude de lieux d’apprentissage, d’écoles différentes qui ont le droit de mettre en pratique ces nouvelles manières de concevoir l’éducation et j’espère qu’un jour, elles seront légales aussi au Québec. Mais en attendant, j’ai pas le temps d’attendre cet avènement car mes enfants auront probablement leurs propres enfants quand la possibilité naîtra! Par contre, je veux faire partie du moteur de changement. Un petit pas à la fois.

Ainsi, le puissant avantage de l’éducation sans école c’est la possibilité à l’infinie de faire les apprentissages partout et tout le temps: à la plage, en plein air, pendant le repas et ce au rythme de la famille et de l’enfant.

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Et tout à coup, grâce au contact constant avec nos enfants, nous retrouvons le nôtre qui est bien caché sous nos airs sérieux d’adultes trop occupés, Et alors, nous grimpons nous aussi sur la palissade pour expérimenter en même temps qu’eux. Ce qui nous permet de retrouver nos yeux et notre cœur d’enfant et de comprendre pourquoi ils éprouvent autant de plaisir à découvrir la vie.

Alors, en plus du plaisir physique éprouvé à marcher en équilibre – ce qui n’est pas si  évident -, regardez ce que l’on voit une fois grimpé sur ces rondins de bois naturel parce que l’on accepte de marcher sur leur trace et non plus de juste les suivre de loin.

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Un cœur rondin
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Une pomme rondin.
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Un hôtel à roches rondin.

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Et tout cela, en contact avec l’inspiration créatrice de la nature dans toute sa splendeur.

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